Avant l'ère des hommes.
Quand la terre n'était que jeunesse.
La chouette solitaire volait, un soir,
à la recherche de son repas.

Sans crier gare,
le vent se leva en une tempête.
Surprise, la chouette, fut emportée
dans un buisson plus bas.

Un moment, la chouette y resta
sans risquer à nouveau le danger.
« Bonjour, » fit sournoisement une voix
et apparut le roux renard, lui souriant de crocs blancs.

« Que fais-tu donc, Chouette, dans ce buisson? »
Demande le renard à dame oiseau.
« La tempête m'a soufflé jusqu'ici, » dit la chouette.
« Une fois le vent tombé, je m'envolerai à nouveau. »

« Nous pourrions nous entraider, » fit le renard, minaud.
« Et comment ferions-nous cela? » fit l'oiseau.
« On dit des chouettes qu'elles sont sages. »
« Et je sais des renards qu'ils sont intelligents. »

« Vrai. Nous le sommes. Et ce renard a une idée. »
« Quelle est cette idée, je vous prie? »
« Nous pourrions faire équipe. »
« Faire équipe? Et de quelle façon? »

Le renard sourit un peu plus de nouveau.
« Bien, quand je chasse mes proies courent hors du buisson. »
La chouette avait saisi l'idée du renard.
« Et quand JE chasse, mes proies courent DANS le buisson. »

« Nous chasserons ensemble, » dit la chouette.
« Et nous dînerons ensemble, » conclut le renard.
« Cela me semble une délicieuse idée »
Le renard s'en léchait déjà les crocs d'appétit.

Lentement, les bourrasques tombèrent
et l'idée fut vite concrétisée.
Tout les deux, la chouette et le renard
eurent leurs festin qu'ils dégustèrent.

La chouette parla de grandes sagesses
Comment les vents pouvaient chuchoter
et pourquoi les ruisseaux se sont rappelé nos noms.
Et même pourquoi les rochers se sont assoupis.

Le renard, lui, parla de choses intelligentes,
de comment la glace se changeait en feu,
comment les marées montent et descendent.
Et même comment venaient le tonnerre et les éclairs.

Chouette et Renard devinrent vite bons amis.
Mais les heures filaient et la sombre nuit vint à pâlir.
Tous deux savaient qu'il serait bientôt temps.
Temps de se dire adieu.

« Je ne veux pas partir » dit tristement le renard.
« Ma place est dans le ciel, » fit la chouette au premier coup d'aile.
« Envole-toi, et nous planerons par delà les montagnes. »
« Mais je n'ai pas d'ailes! » fit le renard d'un regard sur son pelage.

« Je grimperai tout en haut du buisson! »
Lança le renard, d'une voix désespérée.
« Et moi, je volerai plus bas, »
fit la chouette en esquissant un sourire.

Et tous deux furent enfin réunis,
pour terminer ce que l'autre aura commencé,
pour que les jours de chacun soient encore plus radieux
Pour combler ce manque qu'ils avaient dans leurs vies.